
ÉDITORIAL
Doris Leuthard
Conseillère fédérale
Cheffe du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication
La région alpine est reliée de multiples manières à l'Europe qui l'entoure et au reste du monde. Comme d'autres régions, elle est confrontée aux défis actuels de la mondialisation, parmi lesquels figurent notamment les conséquences du changement climatique, la concurrence économique internationale, l'augmentation du trafic à travers les Alpes, mais aussi le recul de la biodiversité et les changements démographiques. Ces évolutions ne s'arrêtent pas aux frontières nationales, mais affectent l'ensemble de l'Arc alpin. Des stratégies et des mesures faisant fi des frontières, fondées sur la coopération internationale et coordonnées au niveau régional seront nécessaires pour y faire face de manière adéquate.
Un développement durable conciliant les cultures ainsi que les intérêts écologiques, sociaux et économiques est indispensable pour améliorer la qualité de vie des habitants de cette région de montagne et protéger la nature et le paysage. La Convention alpine créée à cette fin regroupe plusieurs pays dont l'objectif est de garantir la protection de la région alpine. Grâce à cette convention, une région de montagne transnationale a, pour la première fois, été définie comme une unité géographique fonctionnelle et un espace culturel et économique confronté à des défis communs.
En mars 2011, la Suisse a repris la présidence de la Convention alpine pour les deux prochaines années. Durant cette période, la Suisse entend poursuivre la collaboration entre les pays alpins, aborder des thèmes d'actualité importants sur le plan politique tout en lançant des débats axés sur des solutions. Elle souhaite également éveiller l'intérêt pour l'arc alpin et ses exigences spécifiques au sein de larges couches de la population et des milieux politiques.
Il me semble très réjouissant que de nombreux acteurs se mettent en réseau, échangent leurs connaissances et leurs expériences sur différents sujets liés aux Alpes et rappellent les spécificités propres à cette région. La Suisse entend encore renforcer cette coopération transnationale durant sa présidence en regroupant les différentes initiatives et en mettant davantage en valeur les connaissances acquises. En effet, les Alpes sont d'une importance capitale pour tout le continent européen comme réservoir d'eau, zone de production d'électricité d'origine hydraulique, axe nord-sud, espace de vie végétale, animale et humaine ainsi que comme destination touristique. Nous voulons faire en sorte que l'UE, vu l'importance de l'enjeu, voue enfin aux Alpes l'attention qu'elles méritent et dont nous ne saurions nous passer en tant qu'habitants de cette région. Si nous ne cessons de rappeler avec insistance l'importance stratégique de la région alpine, si nous nous réunissons par-delà les frontières des huit pays alpins, nous finirons par être entendus. Les Alpes sont plus qu'un axe de transit d'une région industrielle à une autre, plus qu'un lieu de villégiature réservé à des gens en quête de repos. Les Alpes forment une sorte de patrie. Unissons-nous et veillons ensemble à faire en sorte qu'elles puissent le rester.