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Un exemple territorial de bonne pratique: les « contrats de développement diversifié » du 
Conseil général de l’Isère

Le contexte local 

Le département de l’Isère compte 22 stations de ski alpin et 30 stations de ski nordique (dont certaines proposent les deux activités). Le tourisme a généré, en 2010, 15,5 millions de nuitées par an dont 50% en hiver. Cependant, si le nombre de journées skieur progresse du fait d’une clientèle de proximité importante, le nombre de nuitées a diminué de 5% en 12 ans et le nombre d’hébergements marchands a régressé de 15% durant la même période.  

Le massif de l’Oisans, avec 2 grandes stations (l’Alpe d’Huez et Les 2 Alpes) pèse à lui seul 44% des nuitées des stations iséroises et plus de 60% du chiffre d’affaires des remontés mécaniques. Face a cette industrie du ski, les stations de moyenne montagne ont une vocation plus sociale et donnent accès aux activités hivernales à la clientèle de proximité.  

Jusqu’en 2003, le Conseil général de l’Isère intervenait presque exclusivement sur des opérations centrées sur les domaines skiables (mise en conformité des remontés mécaniques, engazonnement des pistes, achat d’engins de damage et de sécurité, réaménagement de bâtiments d’accueil en montagne).

Or, le constat était fait dès 2000 que l’activité des stations, particulièrement celle de moyenne altitude, est marquée par un enneigement aléatoire : si certaines saisons demeurent satisfaisantes, une année sur cinq en moyenne est qualifiée de "catastrophique".  

Aussi, dès 2001, la réflexion associant les élus, les parcs naturels nationaux et régionaux, l’association nationale des élus de montagne (ANEM), à l’appui d’un diagnostic technique sur 27 sites isérois a mis en évidence :
  • un parc de remontées vieillissant
  • un retard en matière d'équipements de neige de culture (essentiellement pour assurer le retour skieur ou pour garantir l'enneigement d'espaces ludiques destinés aux familles),
  • une qualité des hébergements en deçà de l’attente des clientèles,
  • et un déficit d'activités hors ski.  

Le Conseil général a donc souhaité marquer une rupture dans ses modes d’intervention, en centrant sa politique sur la "diversification", laquelle doit être entendue de 3 façons : 

  • développer une offre hiver hors ski, pour les fins de journée et les séjournants non skieurs,
  • proposer une offre quatre saisons,
  • ou encore viser la reconversion de certains sites.  

Les sites ne pouvant plus prétendre à une viabilité fondée sur la neige sont donc accompagnés pour évoluer vers des sites touristiques et de loisirs multi-saisons.  

A l’inverse, sur les pôles où l’activité neige est porteuse de valeur ajoutée et de dynamisme économique, elle est consolidée, et complétée par une nouvelle offre ludique, culturelle, et sportive, favorisant l’élargissement de la clientèle et la fréquentation multi-saisons.  

Cette intervention s’inscrit dans une politique globale en faveur de la montagne qui ne se limite pas aux seules aides spécifiques au tourisme (politique des routes, transports publics avec notamment la mise en place des lignes Trans’Altitude, sport, aménagement du territoire, etc.)  

Présentation des « contrats de développement diversifié »  

Les contrats de développement diversifié ont été mis en place afin de rendre plus efficiente l’aide aux stations des massifs de moyenne montagne et pour anticiper les conséquences du réchauffement climatique. Ils ont pour but de proposer une vision prospective du développement touristique des massifs et d’agir de manière équilibrée sur les opérations de confortement du domaine skiable, et celles de diversification.  

D’un point de vue opérationnel, seuls les projets portés par des collectivités publiques sont éligibles à un soutien financier du Département. Les subventions sont négociées avec les signataires du contrat et peuvent atteindre 80 % du coût d’objectif global d’une opération, les crédits mobilisés sur un même contrat ne peuvent dépasser 50% du coût d’objectif global de l’ensemble des projets financés. Ces subventions sont accordées à des projets d’investissement (étude, aménagement) en lien direct avec le développement ou le maintien de l’activité touristique et ayant un impact économique sur le territoire. Les enveloppes sont réparties en fonction de l’offre des stations de ski alpin et nordique, de l’attractivité toute saison des sites (capacité en hébergements marchands et diversité des activités hors ski) et aux charges spécifiques des domaines skiables.  

D’abord à l’échelle de pôles regroupant plusieurs stations entre 2005 et 2009, les contrats de développement diversifiés ont mobilisé 12,3 millions d’euros de crédits départementaux et ont permis de financer 130 actions, dont 61 hors domaine skiable, réparties sur 16 pôles de moyenne montagne. Ils ont notamment révélé l’importance de l’ingénierie dans ce type de démarche et la nécessité de réaliser un diagnostic préalable sans concession. La mise en œuvre d’une démarche contractuelle a également permis à un certain nombre de petits sites d’accéder aux aides du département alors qu’ils en étaient exclus auparavant faute de savoir monter les dossiers ou de répondre aux critères. Cependant, les contrats de développement ont mis en évidence la difficulté à proposer des projets innovants et à engager des partenariats public / privé malgré tout l’intérêt qu’ils représentent.  

Pour la période 2010-2014, le périmètre d’intervention a été étendu à l’échelle des massifs (l’Isère compte 5 massifs : Belledonne, Chartreuse, Oisans, Vercors, Sud Isère) afin de tenir compte du potentiel de diversification de l’offre en périphérie des stations et associer plus étroitement les intercommunalités et initiatives extérieures aux domaines skiables.  

Ces contrats reposent sur 3 piliers :

  •  une charte d’objectifs déclinée en « projet de massif », document cadre définissant les enjeux prioritaires à l’échelle du massif,
  • une programmation annuelle des actions soutenues, dans le respect des orientations du projet de massif,
  • l’évaluation des projets selon les indicateurs contractualisés dans des fiches action.  

La définition des objectifs et des actions prioritaires s’établit en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés au sein de deux entités :

  •  Un comité technique constitué d’un technicien de chaque partenaire (communauté de communes, autorité organisatrice, association de développement touristique, Parc national, Parc naturel régional, office de tourisme…) et chargé d’élaborer le schéma de massif et d’assurer le suivi et l’évaluation des projets soutenus,
  • Un comité de pilotage présidé par le Vice-président du Conseil général chargé de l’économie touristique et de la montagne, et constitué des Conseillers généraux, Présidents de communautés de communes, représentants d’autorités organisatrices et représentants de structures partenaires. Ce comité valide le projet de massif et les programmations annuelles.    

Secteurs du plan d’action changement climatique de la Convention alpine concernés  

Stratégies d’atténuation

  • Aménagement du territoire et urbanisme
    • requalification des centre-village (espaces publics), notamment au Sappey-en-Chartreuse
    • soutien à la réhabilitation du site de la Croix de Chamrousse (démolition du téléphérique et de 2 télésièges remplacés par une télécabine, démolition du restaurant d’altitude et aménagement d’un nouveau restaurant intégré, restauration de la qualité paysagère du site), programme initié en 2009 et qui devrait aboutir fin 2012
  • Tourisme
    • financement d’une étude sur la mise en place de déplacements doux, sécurisation d’itinéraires piétons et mise en place de navettes entre village et station
    • soutien à la réhabilitation d’hébergements touristiques : soutien aux opérations de réhabilitation de l’immobilier de loisir (ORIL), réhabilitation de gîtes communaux, de refuges, de centre de vacances, ou encore de bâtiments d’accueil (mise aux normes, modernisation du système de chauffage…), opérations réalisées entre 2005 et 2009
    • financement d’outils de promotion et de commercialisation notamment sur les activités hors ski, après ski et toutes saisons

Stratégies d’adaptation

  • Tourisme
    • soutien aux actions de diversification des activités hivernales et aux activités toutes saisons : création de parcs ludiques, terrains d’aventure, parcours pédagogiques, d’un « big air-bag », d’une cascade de glace développement des activités et sports de pleine nature (station « nouvelles glisses » BMX et VTT, pistes VTT, piste de ski-roue, parcours d’orientation, sentiers thématiques, escalade, via-ferrata, activités équestres…), aide à la diversification des stations thermales (notamment création d’un centre de remise en forme), création d’équipements culturels (cinéma, musée…), de services (garderie, centre de loisirs)
    • pour la période 2010-2014, rédaction de projets de massifs, document cadre fixant les opérations à mener à l’échelle du massif (restructuration des domaines skiables, développement d’activités hors-ski, après ski et toutes saisons…)
    • aide aux projets d’équipement en neige de culture conditionnée à la réalisation d’études environnementales et au respect des préconisations du « schéma de conciliation de la neige de culture » en cours d’élaboration sur le Département de l’Isère
    • réhabilitation d’hébergements touristiques (cf. stratégies d’atténuation)   ·        
  • Eau et ressources hydriques : soutien à la modernisation de réseaux d’adduction d’eau et d’assainissement  

Contact  

Isère tourisme
Pôle aménagement et développement
tel : 04 76 00 33 82
mail : info@isere-tourisme.com
sites internet : www.isere.fr et www.isere-tourisme.com


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